ArtCOP21

Rubén Fuentes, exposition personnelle

Exposition

05 Nov - 01 Dec 2015, 11am - 7pm

Galerie Felli, Paris

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Rubén Fuentes 2014

Quand

05 Nov - 01 Dec 2015
11am - 7pm

Galerie Felli
127 rue Vieille du Temple
Paris,  75003
France
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La nature tient une place centrale dans le travail du Cubain Rubén Fuentes. Il présente environ 23 peintures à l'encre de chine, acrylique et peinture à l'huile. C'est sa première exposition personnelle à Paris.

Un cerf dans le paysage

La série des Paysages Mentaux de Rubén Fuentes livre une représentation irréelle de la nature et de ses occupants, un condensé d'impressions et de souvenirs d'intensité contemplative, une nouvelle réalité non-photographique. Ainsi, Rubén Fuentes s'adonne à l'illustration d'une nature anthropomorphique (Depuis mes mains, La présence, Présences, Gaïa), d'une personnification animalière du paysage (Ours-montagne, L'île du cháman, La montagne infinie, El viaje de la montaña, El viaje del rio), ou encore d'un quotidien, objets et habitats, tapissé de végétations (La chaise, La table, Sans titre, La chambre, L'escalier, Barrière sans porte, Le village du silence). Chez Rubén Fuentes, l'appréhension du paysage est d'abord orientale à travers le concept chinois du shanshui, littéralement « paysage des monts et des eaux » associé à deux principes cosmologiques, le yang (la montagne) et le ying (l'eau). Les Paysages Mentaux de Rubén Fuentes empruntent à cette tradition le rejet de l'illusionnisme pictural au profit de la retranscription de pensées et de sensations nées de la contemplation de la nature. Quant aux outils et techniques du peintre, une proximité se tisse également. Pour ne citer qu'elles, la procédure chinoise du pomo (l'encre brisée) alliée à sa voisine japonaise hatsuboku (l'encre éclaboussée) constituent le point de départ du Boléro de Ravel, des Arbres dans le brouillard, et des quatre Paysage né de l'unique trait de pinceau. Ici, la tache suggère le paysage et dicte sa configuration. Prenons le cas du 16ème opus des Paysages Mentaux. Une forme excentrée évoque une embarcation maritime. A la naissance de ses voiles, une masse rocheuse sert de terreau à une forêt luxuriante. Autour, une quinzaine de barques s'apprête à accoster les rives de l'île-refuge. S'y décèlent une girafe, un bouc, un lapin, peut-être même un chimpanzé. Un trait de pinceau, un paysage. La nature pour seul pèlerinage. L'aléatoire, au coeur du processus créatif de Rubén Fuentes, combine à la spontanéité première du geste, la minutie des détails et la gestion équilibrée des pleins et des vides. D'évidence, la reprise des techniques traditionnelles de la peinture orientale s'accompagne d'un détournement. Nulle calligraphie signifiante ne vient soutenir l'image. Rubén Fuentes use pour unique idéogramme : le tourbillonnement du feuillage. La danse du calligraphe se traduit également en peinture à l'acrylique (Gaïa, La présence, La chambre, Arrivando a la gran ceiba, La barrière sans porte, Présences) et à l'huile (La chaise, La table). Attardons-nous sur Gaïa. Sur un registre monochrome se déploie une succession asymétrique de massifs montagneux. Ça et là, des torrents transpercent leurs drapés forestiers. L'alternance des sommets est rythmée d'intermèdes brumeux. La gradation chromatique, d'un noir sobre à l'aérien gris-blanc, s'obtient par l'application d'un pinceau sec. La montagne s'élève jusqu'aux cieux infinis empruntant ses hauteurs aux voluptés d'une femme allongée. De l'aveu du peintre, la déesse mère est une ode à sa terre natale : Cuba. Cartographie mentale d'une île que Rubén Fuentes quitte en 2007 pour s'établir en Europe, Gaïa est l'image-totem des Paysages Mentaux. Placée en ouverture de la série, elle enfante les images suivantes : pomo et autres hatsuboku confèrent à Rubén Fuentes structures et outils ; Cuba lui inspire ses sujets.

Carine Mosca

Galerie Felli

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