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SE MÉFIER DE « L’EAU QUI DORT » AVEC MICHAEL PINSKY

26 Oct 2015

Du 25 novembre au 3 janvier 2016, La Villette et COAL proposent “L’Eau qui dort” de Michael Pinsky pour ArtCOP21. Dans le cadre de la COP21, cette exposition gratuite sur le canal de l’Ourq traite de la question du gaspillage. Rencontre avec le Britannique qui nous raconte sa démarche artistique pour l’environnement :

D’où vous est venue l’idée de “L’eau qui dort” ?
J’ai réalisé un projet similaire en 2003 à Bridgwater, « Breaking the Surface ». Ma méthode de travail consiste à me promener, passer du temps et discuter avec les gens. Et dans le Somerset, les habitants m’ont fait prendre conscience que beaucoup jetaient leurs détritus dans les docks. Probablement parce que le port est situé à côté d’un supermarché : les clients ramènent le caddie plein puis le laissent devant chez eux. Et pour les enfants, qu’est-ce qu’il y a de plus drôle que de jeter le caddie dans les docks ?

En quoi cette attitude vis-à-vis de la pollution est-elle représentative ?
Ce qui m’intéresse c’est le lien entre la manière dont les gens agissent chez eux et la situation globale. J’ai pensé aux appartements qui donnaient sur les docks : la vue est jolie, avec de l’eau et des bateaux. Mais si c’était un parking, est-ce qu’ils jetteraient des caddies ou vélos dedans ? Non, parce que ça voudrait dire que chaque jour ils se retrouveraient confrontés à ce gaspillage. C’est pour ça que je vais chercher les déchets pour les remonter à la surface et les disposer à la vue de tous : la dernière fois, j’ai ramené 110 caddies !

Vous voulez confronter les gens à leurs propres actions ?
Les gens acceptent la pollution tant qu’ils ne la voient pas. C’est comme avec les voitures : désormais les fumées sont invisibles, donc encore plus dangereuses, parce qu’on ne se rend pas compte des effets nocifs au quotidien. Et cette attitude reflète la manière dont l’humanité envisage les déchets.

Que pensez-vous trouver dans le canal ?
On a déjà des vieux cadrans de lit et des chaises, mais j’espère trouver des caddies et des vélos. Je ne les nettoie pas, je me contente de les poser sur un tube d’acier en guise d’échafaudage et de les mettre en lumière à la surface. S’il y a de la boue ou de la moisissure, tant mieux : ça permet de voir l’effet du temps.

Retrouvez l’intégralité de l’Interview 

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