ArtCOP21

ROSE SERRA : NATURE IS A GEM

Rose Serra - Visual artist

30 Nov 2015 - 02 Jan 2016, All Day

Galerie Hubert Konrad, France

Rose-Serra-NATURE-IS-A-GEM-600X400.jpg

©Rose Serra

Quand

30 Nov 2015 - 02 Jan 2016
All Day

Galerie Hubert Konrad
32, Avenue Matignon
Paris, France,  75008
France
Voir sur la carte

Type

Visit website

Rose Serra présente avec Nature is a Gem, un corpus de pièces photographiques uniques composé de quinze œuvres de grand format et de cinq totems. Partageons avec elle ces émotions visuelles avant que ces totems ne deviennent, malgré eux, le souvenir d’un Eden disparu.

ROSE SERRA : NATURE IS A GEM

Galerie Hubert Konrad
32 avenue Matignon
75008, Paris,

Exposition du 30 novembre 2015 au 2 Janvier 2016

Pour son exposition à la galerie Hubert Konrad de Paris à l’occasion de la COP 21, Rose Serra présente avec Nature is a Gem, un corpus de pièces uniques composé de quinze œuvres de grand format (1,20 m x 1,50 m et 1m x 1,25 m) et de cinq totems (2m x 20 cm). Hormis Maritime Pine fait en France en 2002 d’un plus grand format (1,90 m x 1,50 m), les photographies ont toutes été réalisées au Brésil en 2013 lors d’un périple qui a mené l’artiste plasticienne des chutes d’Iguazu à l’Amazonie en passant par les réserves naturelles près de Bahia. Quatre oeuvres rétro-éclairées ont été placées dans des boites lumineuses (L’Infini, Énergies unies, Mémoire des temps, Hors perception). Toutes les autres ont été montées sous diasec et encadrées en caisses américaines flottantes.

La luminosité des clichés pourrait faire croire qu’ils ont été retouchés. Il n’en est rien. Rose Serra, qui travaille la photographie argentique depuis toujours, utilise aujourd’hui un appareil numérique, le Leica S moyen format. Se réclamant de Cartier Bresson, de Brassaï et d’Ansel Adams, elle a mis son exigence à la mesure de son art : les lieux choisis ont été au préalable pressentis pour leur qualité géologique, géographique et ethnologique. L’eau orange de Chapada de diamanta près de Bahia est naturellement teintée par les minéraux et les couleurs sont celles de la terre. Sous la conduite de guides brésiliens, Rose Serra a cherché à retrouver la qualité première de toute photographie : l’émerveillement.

Ce n’est pas la première fois que Rose Serra travaille à l’inspiration. Déjà, pour Marlon Brando, elle avait pris des photographies de l’atoll de Tetiaora pour un projet de livre commun.

De photographie en photographie, elle suit le chemin d’une recherche intérieure des plus lyriques. « Notre âme est un trois mâts cherchant son Icarie » dit Baudelaire. Comme les cartels le soulignent, le Brésil est le cadre d’une méditation spirituelle loin de toute présence humaine : Clarity, Champ de lumière, L’infini, Energies unies, Hors perception, Mémoire des temps, Paramètres de création, Placé dans l’univers, Porte de gravité, Structure d’énergie, Melting Spot. Le ciel se fait omniprésent et l’univers, minéral et aérien : La nature est un joyau (Nature is a Gem) de brillance et de préciosité.

Rose Serra procède par vision et par fulgurance et ne clique qu’une fois touché l’harmonie parfaite entre terre, ciel et eau quand la force impalpable des énergies vivifiantes de la nature la submerge. Comme elle l’explique à propos de Paramètre de création, il y a conjonction de présence entre la lumière vivante, l’être fossilisé en haut de l’image, le rocher en forme de pyramide à gauche, et la forme allongée d’un personnage au centre.

Si Rose Serra a su cerner le Brésil jusqu’aux tréfonds de son âme, comment appréhender ses oeuvres de facture plus inattendue : Clarity, avec son ciel nuageux, léger et immense ou la série des totems, qui évoquent les sculptures verticales érigées par les indiens Haïda pour célébrer leurs clans aux prises avec les forces tutélaires du monde ?

En retournant la photographie du ciel dans Clarity, Rose Serra a réduit la terre à une ligne d’horizon flottant au bord de la disparition. En renversant le symbole d’accumulation du totem en un signe de déprédation et de destruction, elle a, d’un geste, bousculé notre contemplation pour faire place à cette idée simple et lumineuse : notre terre est précieuse, ne la laissons pas disparaître comme ces forêts qu’on abat ou ces atolls du Pacifique aujourd’hui sous les eaux.

Dès lors, partageons avec elle ces émotions visuelles avant que ces totems ne deviennent, malgré eux, le souvenir d’un Eden disparu.

Marie Cordié Levy, docteur en histoire de la photographie.
Paris, novembre 2015

Photography-Production IP ©Rose Serra

Tags

, , ,

Partager